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Quelques principes tirés des origines de l’homme

Via Scoop.itInfos La Bible PDF

La question des origines de l’homme et du cosmos occupe une place significative dans la conscience humaine. Les différentes compréhensions qu’eurent les hommes tout au long de l’histoire ont systématiquement influencé leurs pratiques. La dimension existentielle provient du consensus général selon lequel l’origine livre les principes et les principes déterminent tout le reste. Il n’y a qu’en répondant à la question « D’où viens-je? » que l’on connait où on va et comment on y va. En ce sens, il y a dans l’origine une « eschatologie implicite ».Le récit de la Création Ce n’est pas une simple coïncidence si la Parole de Dieu est introduite par la création de la terre et des cieux. Pour Moïse, l’auteur, c’est indiscutable; il faut nécessairement commencer par le commencement. Non seulement cela procède de l’ordre logique et chronologique, mais surtout théologique. Moïse jette les bases sur lesquelles toute la construction biblique sera édifiée. On ne pourrait véritablement saisir toute l’ampleur de son propos sans le mettre en relation avec le récit de la Création. C’est la conclusion inévitable d’une lecture rétrospective des Écritures; de l’événement culminant de l’histoire de la rédemption, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ jusqu’à l’annonce du protévangile (Gn 3:15). L’exercice fait apprécier toute la théologie latente (sensus plenior) des trois premiers chapitres de la Bible. Genèse 1 et 2 L’un des constats que l’on fait en lisant les chapitres 1 et 2 de la Genèse, c’est qu’il n’y a qu’une seule création, mais deux récits pour la raconter. Le premier chapitre nous présente la création de la terre, des cieux et de toute leur armée (Gn 1:1; 2:1); le second, la création de l’homme, des animaux et de la femme (selon l’ordre du texte). La relation entre ces deux chapitres a été sujette à maintes interprétations. Les unes les mettaient en opposition, les autres les percevaient comme étant en harmonie. Au-delà des débats, nous croyons que l’essentiel est de saisir comment les deux textes s’inscrivent dans la « stratégie compositionnelle » de l’auteur qui sert le développement ultérieur (tant dans la Torah que dans le reste de la révélation). Avant d’arriver à ce point, présentons quelques paradoxes : Genèse 1 / Genèse 2 Dieu est appelé « Élohim » / Dieu est appelé « Yahvé » Dieu crée par la séparation / Dieu crée par l’union Cadre temporel (6 jours+1) / Cadre spatial (le jardin d’Éden) Dieu crée l’homme après les animaux / Les animaux sont mentionnés après l’homme L’homme est passif / L’homme est actif L’homme est créé à l’image de Dieu / L’homme est créé à partir du sol Dieu parle / L’homme parle Il est évident que l’auteur a délibérément construit les deux passages de façon à exposer des paradoxes. Ces passages permettent ainsi de mettre en lumière deux perspectives d’un même événement, ils sont en ce sens strictement complémentaires. Ils révèlent des caractéristiques de l’agir de Dieu : souveraineté, révélation, ordre, perfection, séparation, union, etc. Séparation et union L’un des paradoxes les plus évidents est la création par la séparation (jours 1 à 3) et par l’union (Gn 2). Au premier chapitre, Dieu sépare la lumière des ténèbres (jour 1), les eaux (nuages) des eaux (mers, océans, etc., jour 2) ainsi que la terre sèche des eaux (jour 3). Au second chapitre, Dieu crée l’homme par l’union de la terre et de l’esprit ainsi que la femme pour qu’elle devienne avec l’homme une seule chair. (C’est sans doute ainsi qu’il faut comprendre le passage du nom « Élohim » à celui de « Yahvé », le nom d’alliance de Dieu. Qu’est-ce qu’une alliance sinon l’union de deux parties?) Sans se poser en contradiction, les textes révèlent deux aspects de l’action de Dieu dans le salut : avant d’unir, Dieu sépare; avant d’unir au Christ, Dieu nous sépare du monde. Les auteurs bibliques ont systématiquement exploité l’image de la séparation de la lumière des ténèbres (Gn 1) pour dépeindre le rachat des élus par Dieu (1P 2:9; 2Co 4:6, 6:14, etc.) et la création de l’homme par l’insufflation de la vie (1 Co 15:45-49) ainsi que l’image du mariage (Eph 5:22-33 ; 2 Co 11:2) pour exprimer l’œuvre positive de Dieu, l’union. Il y a plusieurs implications à tirer des procédés séparatistes et unionistes qu’on retrouve à la création : (1) Premièrement, la création par la séparation des éléments nous enseigne que l’ordre créationnel s’oppose à un principe d’unité absolue qui, inévitablement, aboutit à la confusion. Celle-ci est à l’origine de l’impératif de ne pas confondre le bien et le mal. Notez la partie médiane du passage d’Ésaïe : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien Et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière Et la lumière en ténèbres, Qui changent l’amertume en douceur Et la douceur en amertume. » (Ésaïe 5.20, voir aussi Job 10:22; 17:12; Lc 11:35). Encore une fois, l’origine livre les principes et les principes les préceptes. (2) Deuxièmement, on peut aussi comprendre pourquoi le monde et les Juifs n’ont pas reçu le Christ : « En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas accueillie. Il y eut un homme envoyé par Dieu, du nom de Jean. Il vint comme témoin pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. Il n’était pas la lumière, mais (il vint) pour rendre témoignage à la lumière. C’était la véritable lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a pas connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçue… » (Jn 1.4-11, voir aussi Jn 3:19). Le peuple juif a servi d’échantillon pour révéler des aspects de l’humanité (Jn 1; Rm 5:20). Le rejet du Christ par les Juifs révèle donc le rejet de Dieu par l’homme. (3) Troisièmement, à la lumière de Jésus-Christ, le fondement de l’identité chrétienne, on peut comprendre le détachement du croyant face au monde : le paradoxe d’être séparé du monde (éthiquement) tout en étant dans le monde (localement). Cette séparation a pour origine l’inimitié qui règne entre la lumière et les ténèbres, entre la justice et l’iniquité (Rm 8:7) et entre la descendance de la femme et celle du serpent (Gn 3:15; Ap 12:17). (4) Quatrièmement, on peut percevoir dans le restant de la révélation que la séparation est un des moyens privilégiés de Dieu pour réaliser son plan : descendance de la femme vs descendance du serpent (Gn 3:15), Caïn vs Abel (Gn 4), Noé vs le monde ancien (Gn 6), l’humanité à Babel (Gn 11), Abraham vs Lot (Gn 13), Isaac vs Ismaël, Jacob vs Ésaü, Joseph vs ses frère, Israël vs les Égyptiens et ultimement, l’Église vs le monde. (5) Cinquièmement, de même que l’on ne doit pas séparer ce que Dieu a uni (Mt 19.6), on ne doit pas unir ce que Dieu a séparé. Il n’y a pas de place pour une philosophie hégélienne de l’histoire (réconciliatrice des contradictions), ni même pour son rejeton marxiste -le matérialisme dialectique- ou toute autre philosophie prônant un principe d’unité absolue : égalitarisme, œcuménisme, socialisme, communisme, pluralisme, relativisme, etc. (6) Enfin, on doit tout faire pour maintenir l’unité créée par Dieu. En ce sens, il faut encourager le mariage : la fidélité conjugale (le fait de ne pas aller vers d’autres) et sa composante sexuelle (le fait d’aller vers son époux/se) qui, dans sa pratique, actualise et renforcit l’union nuptiale (1 Co 6:16). Les implications de la création par l’union se voient aussi dans le mandat de favoriser la vie, l’union du corps et de l’esprit (Jc 2:26). À son image, Dieu a créé le monde « un et multiple ». Le correspondant chez la créature de la réalité trinitaire est l’union et la séparation. (Nous ne voulons surtout pas insinuer qu’il y a séparation en Dieu. Il est essentiellement un.) Cet ordre a un but précis, celui de la complémentarité économique des forces cosmiques. En établissant une telle complémentarité, Dieu n’a rien laissé à l’autonomie, il n’a rien laissé agissant par lui-même. Tout à été créé hétéronome, tout est foncièrement théonome.
Via www.unherautdansle.net

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